Aménagement frayère Villiers-sur-Seine

La Fédération de Seine-et-Marne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique a mené en juillet 2017 une étude complète sur les possibilités de restauration des différentes frayères existantes dans le département. Une liste complète a été transmise aux Associations Agrées de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique, à charge pour elles de faire vivre un projet. C’est ainsi que l’AAPPMA des « Amis de la Voulzie et de l’Orvin » a relevé le défi d’aménager la frayère de Villiers-sur-Seine. L’idée est simple : au lieu de procéder à des lâchers occasionnels coûteux, sachant que d’après les dernières études, ces aides en matière de réempoissonnement sont peu efficaces dans les grands milieux comme la Seine, il est plus intéressant d’aider dame nature à fonctionner de nouveau correctement. L’intérêt d’un tel projet a rapidement fédéré différents acteurs de la protection environnementale. Maxime LESIMPLE, chargé de mission Milieu Aquatique à la Fédération de Pêche 77 a ainsi apporté son soutien technique. A l’occasion d’une réunion sur site, les chasseurs intéressés par cette zone en bord de Seine ont ensuite décidé, par l’intermédiaire de Claude FERAUD, le Président des Chasseurs de Villiers-Sur-Seine, de soutenir le projet. C’est ainsi qu’au lieu de travailler chacun de son côté et de perdre en efficacité, ce samedi 25 novembre, pêcheurs et chasseurs se sont retrouvés tous ensemble pour mener à bien ce chantier.

Lors d’un état des lieux pré-travaux, Maxime LESIMPLE explique au Président des Pêcheurs Philippe CAILLET et au trésorier Alfred ALBERTUS la nécessité d’aérer la roselière, de couper certains arbres pour favoriser la photosynthèse mais surtout d’appréhender les zones de connexion avec la Seine à ouvrir en priorité. On note sur cette photo le manque d’entretien de la roselière, avec des roseaux de plus de deux mètres envahis par les mauvaises herbes.

Quand chasseurs et pêcheurs interviennent ensemble, on note tout de suite l’efficacité d’une action commune d’envergure, mais travailler dans une tourbière (les bras de Seine de la zone sont bâtis sur de la tourbe) n’est pas une mince affaire. Pour se donner une idée du chantier, la connexion de gauche se trouve ou l’on aperçoit les arbres à l’arrière plan de la photo ci-dessus.

Le résultat escompté, une roselière à plat, repoussera très vite mais sera beaucoup plus facile à entretenir. Des zones entières n’étant pas sur la ligne de connexion ont été laissées en l’état et seront autant de caches pour les animaux de la roselière. Autre point positif, l’eau en provenance de la Seine s’infiltre à nouveau très facilement dans ces bras morts, qui représentent un potentiel énorme en matière de reproduction du brochet. On remarque que les arbres proches ont été coupés car la frayère doit aussi bénéficier d’une bonne luminosité pour que les brochetons naissent. Enfin, élément très peu évoqué mais essentiel : lors de crues importantes, toutes ces connexions et prairies humides sont autant d’espaces qui absorbent une quantité très importante d’eau. En agissant comme des éponges, elles protègent d’autant les zones urbanisées situées en aval. Ces éco-systèmes si particuliers sont des endroits à protéger, et profitent à tous ruraux comme urbains.

En conclusion, la mise en commun de toutes les bonnes volontés présentes sur un territoire donne de bons résultats qu’il convient de répliquer et de pérenniser pour rendre aux milieux aquatiques toute leur fonctionnalité.

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